Lundi, 19 septembre 2011
Proposition de mise en œuvre de la Feuille de
route
Préambule
Face à la
situation qui prévaut dans le pays actuellement, des entités, organisations, et
individus de tous bords qui se sentent concernés par les événements, notamment l’histoire
politique de notre Pays, se soucient pleinement de l’avenir de leur progéniture.
Ils mobilisent leurs énergies pour
sauver ceux qui peuvent l’être et porter secours à la population conformément
aux valeurs républicaines fondées sur le « fihavanana ».
L’Espace
de Solidarité pour le Développement (E.S.D) tient à féliciter la SADC de ses
louables efforts de médiation qui a porté ses fruits. Il remercie également le
Président de la HAT d’avoir entériné la Feuille de route signée le 16 septembre
2011.
Une plateforme
des partis politiques et d’associations dénommée, Espace de Solidarité pour le Développement
(E S D) s’est constituée dont les
objectifs consistent principalement au renforcement de la solidarité nationale
et au rassemblement des forces vives de la Nation et celles de la Diaspora
Malagasy au service du développement de notre Patrie. Elle renie en même temps
toutes sortes de clivages politiques afin d’éviter toutes formes d’exclusion
pour sortir Madagascar de cette impasse.
En sus, l’ESD pense qu’il est urgent de s’atteler aux refondation et reconstruction nationales.
Le temps
pour les Malagasy de rebâtir leur pays est venu. Ils doivent prendre en mains
leur destinée. Une reconstruction durable avec l’implication de .la communauté
internationale s’avère indispensable, afin d’éviter l’isolement de notre Ile
face à l’irréversibilité de la mondialisation.
Cette
crise politique, le plus terrible que Madagascar ait subi depuis l’indépendance,
devrait obliger les élites, les cadres, les travailleurs, les paysans à tout faire
pour redonner à ce pays, force et vigueur, à le reconstruire, car, malgré la
misère, les difficultés, les errements politiques des partis traditionnels,
Madagascar a tout pour réussir enfin sa mue et devenir une terre d’avenir.
Avec le
retour de la reconnaissance internationale et pour mieux aborder de deuxième
cinquantenaire de l’indépendance, la loi imposée par la Mondialisation nous
interpelle, mobilisons-nous, avec les Nations unies, les ONG internationales, l’Union
africaine, bref, tous nos partenaires de solidarité, au premier rang desquels
les Etats-Unis, l’Union européenne, la Banque Mondiale, et le Fonds Monétaire
international, devant une population aujourd’hui en détresse mais décidée à
vivre, pour aider notre pays à renaître. C’est quand tout
est à terre
que tout redevient possible ! Le moment est certes difficile, mais il faut
le saisir avec ténacité et sans peur, comme une main tendue vers l’espoir.
Pour le
moment, E S D veut aussi proposer qu’une conférence à la hauteur de l’enjeu
soit convoquée avec un calendrier d’actions à prendre, un catalogue de mesures
crédibles et acceptées par l’ensemble des gens de bonne volonté en associant la
diaspora Malagasy, les entreprises pour la reconstruction, l’instauration des
valeurs républicaines et le développement de Madagascar indépendamment d’une
recherche de sortie de crise qui est à sa phase d’aboutissement. Une réunion
qui sera le point de départ du renouveau pour notre pays.
Dans le
respect total de tout un chacun, cette conférence s’appuiera sur l’évaluation
des préjudices politiques et économiques fournies par des autorités reconnues
par la communauté internationale, ne souffrant d’aucune ambiguïté sur le plan
de la moralité et des compétences. Cette conférence se fondera sur une analyse
des besoins à long terme du pays pour lui proposer un ambitieux programme de
reconstruction basée sur le renouveau de l’éthique, de l’idéologie républicaine,
pour l’élaboration de la future société, pour les infrastructures, pour les
nouvelles institutions, les relations avec la Communauté internationale, la coopération
régionale. Un vaste chantier où chacun est appelé à collaborer.
La situation économique actuelle de Madagascar est désastreuse. Le
déclin économique du pays s’inscrit dans la durée d’après les économistes. En
effet, depuis 1980, il n’y a que 7 pays en développement qui ont enregistré une
croissance de leur revenu par habitant moindre que Madagascar, et encore tous
ces pays ont souffert de guerres (civiles et régionales) de longue durée. Les
crises politiques malgaches (1991, 2002 et 2009) ne servent qu’à rendre plus
visibles les dysfonctionnements de son économie et à précipiter sa chute. Le
manque de croissance du revenu par habitant traduit des insuffisances criantes
en matière de développement humain et en capital physique ainsi qu’en
développement technologique, qui sont les moteurs de la croissance.
Dans cette vision, un programme
simple d’actions prioritaires devrait être articulé qui viserait à :
.-
Réduire la concentration tant politique qu’économique car elle favorise la
préservation de rentes et les ententes entre les décideurs politiques et
l’élite financière, au détriment de la majorité de la population ;
.-
Lutter contre la tentation de limiter les recettes à l’exploitation des ressources
naturelles et de l’aide internationale ;
.-
Renforcer les garde fous par la mise en place de mécanismes de participation et
de contrôles sur plusieurs
niveaux ; à la fois au sein des institutions de l’Etat, des organisations
de la société civile, des médias, et des partenaires au développement (
bailleurs et ONG, …) ;
L’implication
commune de tous les membres de l’E S D
est donc d’aller au-delà de l’humanitaire d’urgence, dont le peuple a hélas
besoin c’est à dire engager, mobiliser une part des organisations, de
personnalités qui se sentent et se veulent responsables, auprès du peuple Magasy, sur la voie d’un avenir inventif.
L’urgence doit être à la hauteur
de l’enjeu car c’est uniquement dans ces conditions que le pays quittera le peloton
des économies les plus pauvres mais aussi les moins performantes de la planète
que sont celles des pays en proie chronique à des alternances non
démocratiques par voie de coup d’Etat -
Ainsi l’E S D participera en sus de ses devoirs
citoyens à cette feuille de route de transition, aux différentes échéances électorales,
une aspiration légitime de notre jeunesse.
A) Pourquoi nous avons signé la feuille de route ?
L’ESD estime
que c’est la seule issue de secours aujourd’hui, la
seule voie à emprunter pour retrouver le lustre passé de notre jeune République
et de nos luttes pour la liberté de pensée, de créer, de croire, et de
conscience des hommes et femmes de ce pays est la reconstruction, la réconciliation nationale et la défense des
valeurs républicaines.
S’écarter de ce chemin, c’est
préparer les crises de demain. Les évènements de ces derniers jours nous font
penser que certains s’évertuent malheureusement à faire perdurer cette
situation de crise. Cette crise, dont tout le monde, et les électeurs en premier
lieu, exigent la fin avec un seul but en tête : la normalisation du
processus démocratique, le retour de la paix civile et sociale, la
revitalisation de notre économie et notre retour dans la famille de la
communauté des Nations.
Car chaque jour qui passe où
cette crise politique grave perdure enfonce des familles malgaches dans le
désarroi et indubitablement dans la pauvreté. Chaque jour de crise qui passe,
c’est l’insécurité qui augmente, ce sont les valeurs morales qui s’effondrent, des
sanctions économiques qui sont déjà en fait réelles et les entreprises
malgaches qui risquent de faire
faillite.
Notre devoir était donc de
protéger le pays de cette impasse et donner une nouvelle chance et un sens
novateur au dialogue inclusif et consensuel, seule voie unique pour le moment
pour régler les problèmes à court et moyen terme, donc adhérer à cette
initiative de feuille de route validée par la SADC, , et les principaux acteurs
politiques à Madagascar, et approuvée par le Président de la HAT lors de son
discours radiotélévisé ce dimanche 18 septembre 2011.
Principes générateurs
.- Un dialogue continu
Les accords signés le 16
septembre sont basés du concept de la gestion consensuelle et d’en noter les
implications. Il évalue les chances et conditions de succès des accords en
mettant l’accent sur la nécessité d’une gouvernance consensuelle comme étant à
même d’assurer la stabilité politique et d’instituer la culture démocratique à
partir de la quatrième République.
La thèse est qu’une tradition
démocratique susceptible de conduire à la stabilité politique des pays africains en crise en général, passe
par la création d’une nouvelle technique de démocratie : ‘’ la démocratie
libérale communautaire contenant de l’intérieur l’exigence du dialogue permanent
en vue du consensus ou, tout au moins, de l’entente et de la paix durable entre
les acteurs en présence. Cette forme de démocratie est la plus appropriée à la
situation spécifique de pluralisme ethnico politique aigu qu’est celle de la République de Madagascar
d’aujourd’hui, cette feuille de route dans son ensemble constitue un minimum.
.- L’esprit de la feuille de
route signée
En somme, les résolutions prises par les 19
entités, parmi lesquelles l’ESD Madagascar, obligent le pays à avancer vers le modèle
consensuel de démocratie fondée sur la négociation et le dialogue, le compromis
et la responsabilité partagée.
Deux idées essentielles ont été
acceptées et coulées de cet Accord Global et Inclusif forgé et adopté au PAON
d’OR pour résoudre le long conflit qui a aussi enfoncé notre Pays depuis 2009.
A) La première est l’idée de l’inclusivité :
- Elle ordonne
maintenant que toutes les 19 entités, d’accord parties à la charte doivent se
partager le pouvoir à tous les niveaux, sans pour autant oublier éventuellement
d’autres organisations politiques, et les sociétés civiles, durant une période
de transition à l’issue de laquelle, il s’agit donc de former, à partir d’un
compromis de dépassement citoyen, un ‘‘gouvernement d’union nationale’’
équilibré ;
- Nommer un Premier Ministre
conformément à la feuille de route signée ;
- Les postes
de responsabilité sont aussi élargies, partagés au niveau des autres
institutions et fonctions politiques du pays : congrès, conseil supérieur de la Transition, et les institutions
d’appui à la démocratie (Commission Electorale Indépendante, Commission de
Réconciliation nationale,…)
B) La seconde idée majeure est celle du consensus comme ‘‘mode d’adoption
de toutes les décisions’’.
Des interprétations analogiques
ont emmené à penser que la gestion consensuelle des affaires de l’Etat doit se
faire, à tous les niveaux des institutions politiques, de manière consensuelle.
’Un Accord Global et Inclusif
précise que ‘‘l’Exécutif de la transition fonctionne d’une manière solidaire,
conformément à l’esprit d’un gouvernement d’union nationale et sur la base d’un
programme commun de Gouvernement fondé sur les Résolutions adoptées à la feuille
de route.
Pour être opératoire, le concept
de consensus doit nécessairement être précisé, dans tout débat ou toute
concertation qui se veut efficace, aussi bien dans son contenu que dans son
champ d’extension.
Une telle répartition
judicieusement équitable du pouvoir entre les grandes forces militaires, politiques
et sociales du pays est censée conduire la République de
Madagascar, à travers une période transitoire paisible, vers des élections
démocratiques, justes et libres. Il n’est pas trop tard pour les 19 leaders des
organisations signataires respectifs de la feuille de route de tenir un sommet
national pour que chacun apporte sa
réflexion.
Car il est important de le rappeler,
la mise en place d’une transition consensuelle et inclusive mais cette fois ci
sous une autre forme doit conduire à des élections libres et transparentes afin
de choisir enfin des dirigeants qui ne souffriront d’aucune contestation de qui
que ce soit.
Et pour que ces élections soient
libres et transparentes, il faut garantir à tous qu’elles seront conduites de
façon neutre et impartiale et que tous les candidats qui auront l’honneur de se
présenter plus tard à la magistrature suprême ou aux autres élections seront
égaux dans le processus, sinon les résultats qui sortiront des urnes seront
entachés d’un fort soupçon de tromperie et seront à coup sûr contestés et conduiront
à une nouvelle crise.
Aussi attachons à mettre fin,
avec sérénité, sagesse mais surtout honneur, à cette transition, et tous
ensemble, levons nous et réclamons le retour de nos futurs dirigeants vers la
grandeur de l’âme afin de refonder, enfin, une République et une Nation dont
tous les enfants de Madagascar, sans exclusive seront fiers. Tel est notre
objectif.
Antananarivo, 18 septembre 2011
Julien RAZAFIMANAZATO
Président National
ESD Madagascar

Allocution du Président Andry Rajoelina le 12 mai 2010